28.09.2007

"Libérer la croissance" : dégonflons la baudruche !

Depuis le jeudi 30 août 2007 (oui, j'ai beaucoup de retard), Attali est à la tête de la Commission pour la Libération de la Croissance Française. Un bel exemple de démocratie participative faussée et de rhétorique.
Quelques mots rapides sur la démocratie participative annoncée par gouvernement actuel, qui, après s'être largement moqué du concept même et des "désirs d'avenir", place cette participation au centre de sa rhétorique. Sur la page d'accueil de la Commission, que trouve-t-on ? Réponse : "Vos propositions". Qu'est-ce à dire : que les conclusions de la commission se fonderont sur les propositions des citoyens ? Pour de vrai ? Je me permets d'en douter.
Car tout le discours est faussé. Cela se voit dans le nom même de la commission. Nomen omen. Et dans l'existence du site internet.
Point 1 : le nom. Le nom est programmatique. Il relève d'une idéologie qui a déjà ses solutions toutes prêtes. D'où une seconde pensée.
Point 2 : "libérer la croissance". Est-ce que cela veut dire quelque chose ? Est-elle emprisonnée ? On entend parler de "libérer" la croissance de même que l'on désigne les prélèvements fiscaux comme des "freins". L'objectif de la Commission est d'obtenir 5 % de croissance ; le président de la République réclame ses 3 %, comme d'autres diraient "I want my money back". Ce qui veut dire que le mot "libérer" n'est pas le mot juste : il faut éventuellement "augmenter" la croissance (si on n'est pas pour la décroissance), mais pas la libérer. Sauf si... sauf si on propose les solutions du "libéralisme" pour augmenter la croissance. En particulier, rendre les entreprises libres de licencier, les salariés libres de déménager tous les deux ans pour trouver un nouveau CDD etc.
Point 3 : le site internet. Non pas dans son organisation, mais dans son existence. La commission a été suscitée directement par la présidence : quelle est sa situation institutionnelle ? Ce site qui n'a pas de fin "elysee.fr" est un exemple parmi d'autres de commissions et d'agences qui travaillent en parallèle et hors des cadres, pour imposer des solutions préconçues, avec le moyen et l'apparence de l'appel au peuple, en dehors de la représentation et de la souveraineté nationale.
Ce billet ne prétend pas avoir de solutions aux problèmes économiques et ne prend pas parti sur les solutions du gouvernement actuel, mais veut dénoncer la prostitution des mots et l'injure faite au concept de liberté.